
Le bébé tombé du train, Jo Hoestlandt et Andrée Prigent, Oskar, 12,95€.
Anatole vit seul dans sa maison dont le jardin borde la voie ferrée. Des trains, il en passe beaucoup ces temps-ci, Anatole n’y prête pas attention… il n’y a rien à voir.
Mais un jour, le vieil homme découvre un bébé, comme ça, là, dans son potager. D’où vient-il ? Il ne le sait pas. Du bout de son bâton, Anatole titille la chose, ses yeux s’ouvrent très noirs, très confiants, avec tout au fond de petites étoiles jaunes qui brillent. Il ne sera plus jamais seul.
Anatole apprend à vivre avec le petit et surtout pour le petit.
Choisir un prénom -cela demande beaucoup d’attention- nommer les choses qui l’entoure et finalement voir le monde par les yeux de Virgile… c’est avec beaucoup d’amour que le vieil homme prend soin de l’enfant et lui permet de grandir.
Et puis, alors que les années ont passé, arrive une femme, menue, le crâne rasé, elle n’a plus de petites étoiles dans ses yeux noirs mais l’ombre d’une grande sur sa veste, sur sa poitrine. En voyant Virgile, elle pose son maigre bagage, elle sait qu’elle est enfin arrivée. Alors, sans un mot, Anatole ouvre une nouvelle fois la porte de sa maison.
Un texte poétique, tout en finesse, l’auteur décrit à petites touches tendres le quotidien d’Anatole et de Virgile… et l’amour sincère de ce vieil homme pour ce tout-petit entré mystérieusement dans sa vie.
L’illustration sobre et graphique lui fait parfaitement écho créant ainsi un bel objet.
Une manière à la fois douce et forte de parler de l’Histoire et de ses épisodes douloureux.
Devant ce titre on ne peut que penser à un autre «bijou» fort et poignant qui témoigne du même sujet, L’étoile d’Erika de Ruth Van der Zee et Roberto Innocenti, publié chez Milan.